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EUGENE PRINTZ
" S'il est commun de mettre en cause le manque de discernement des critiques, Ernest Tisserand fait exception à la règle en pressentant, dans un article publié dans l' "Art Vivant" du 1er août 1928, l'importance du travail d'Eugène Printz qui, pourtant, n'avait commencé à exposer que deux ans auparavant. Le situant comme l'un des "maintenaurs de la grande tradition", il vante son goût de la perfection esthétique et technique qui le place dans le sillage de Boule et Riesner.
Dans le même article, Tisserand met en évidence l'ambiguité de son oeuvre : un modernisme intimement lié à la révolution fonctionnaliste des années 20 s'opposant au simplisme et à la systématisation qui souvent en résultaient et heurtaient sa prédilection pour des formes originales associées aux réminiscences des créations de ses prédécesseurs.
En restreignant le répertoire des lignes, l'esthétique Art Déco avait instauré une sorte de dictature du cercle, du carré, du rectangle et de leurs dérivés. Eugène Printz fut parmis les premiers à la mettre en cause et à dépasser des préceptes dont il avait été, à ses débuts, l'un des plus brillants représentants. C'est d'ailleurs en définissant de nouvelles fromes qu'il devait retrouver ces réminiscences qui le singularisent et lui ont permis de créer selon sa propre inspiration et sans conscessions à l'esprit du temps. Ainsi, alors qu'on ne pense encore qu'en termes d'abstraction, introduit-il des motifs figuratifs et, lorsque le public se met à accueillir les formes figuratives les plus mièvres, recourt-il à des éléments abstraits.
Paradoxalement, cet éclectisme n'est apparent et Printz est l'un des décorateurs les plus aisémeent identifiables de ce siècle. Du fonctionnalisme au baroquisme, son oeuvre procède de la même démarche et d'un même style, caractérisé par un goût de l'équilibre instable, du porte à faux, de la mise en mouvement et en espace des volumes.
A l'inverse de Ruhlmann ou de Chareau, avec lesquels il possède néanmoins certains points communs, Eugène Printz appartient à deux générations : d'abord celle qui connut le début du siècle puis celle qui dût franchir le cataclysme de la deuxième guerre mondiale.
Ne participant au jeu de la mode, Eugène Printz est quelque peu délaissé par la critique lors de l'Exposition de 1937. Cependant, dès la fin de la guerre, son évolution personnelle lui permet de retrouver une place de choix et d'apparaître comme un précurseur du style des années 50 et du post-modernisme qui se développera trente ans après sa mort ".
PRINTZ de Guy Bujon et Jean-Jacques Dutko, Editions du Regard.