Béatrice CASADESUS | DUTKO GALLERY LONDON

Du mercredi 09 novembre 2016 au samedi 14 janvier 2017

Dutko Gallery a le plaisir de présenter la première exposition personnelle à Londres de l’artiste Béatrice Casadesus (née en 1942). La galerie expose une douzaine de ses œuvres récentes réalisées au cours des deux dernières années. Ses tableaux grand format se présentent sous la forme de diptyques et triptyques aux couleurs contrastées, invitant le spectateur à s’immerger dans la lumière.

Le titre de l’exposition Pluies d’Or est inspiré des coulées de peinture or qui tombent en cascade sur ses toiles comme des gouttes de pluie et – par une alchimie qui tient à la fois du hasard et de la rigueur – donnent l’impression d’une vibration de la couleur.

« Je suis un peintre de l’abstration. Si ce titre « Pluies d’or » évoque bien naturellement le mythe de Danaé, c’est l’interprétation picturale qui m‘intéresse plutôt que la signification littérale de l’histoire.

Je suis inspirée bien sûr de l’histoire de l’art, en particulier des combinaisons d’or et bleu que l’on trouve chez Giotto et Fra Angelico, la richesse des couleurs du Titien, les couchers de soleil de Turner et la manière de Seurat faisant danser la lumière et la couleur sous nos yeux en utilisant les touches de couleurs. Dans mon travail, je n’utilise pas l’or pour sa nature précieuse, ou pour sa brillance étincelante ou métallique – mais plutôt pour donner vie aux autres couleurs. La couleur dorée peut les faire chanter et les faire bouger sur la toile en leur donnant de la profondeur. »

Dans les tableaux présentés lors de cette exposition, Casadesus s’est concentrée plus particulièrement sur les nuances de la couleur. Lorsque l’on visite son atelier, des livres de Turner sont ouverts aux pages présentant des couchers de soleil au côté de calepins contenant ses études de couleurs et ses croquis. Elle cherche à saisir ce qu’elle appelle « le moment où le soleil rencontre la mer, où la lumière brille au travers de la pluie et où les couleurs viennent se fondre les unes dans les autres.

Casadesus a une approche physique, sur la matière même, de la peinture qui lui vient sans doute de ses débuts comme sculpteur (étudiante, elle a obtenu le Prix de Rome en sculpture et a travaillé dans ce domaine durant de nombreuses années). Elle travaille sur des toiles de très grande taille, non apprêtées qui correspondent aux proportions de son corps. « Il faut que je puisse les manipuler et les déplacer, et j’ai besoin de me sentir immergée, d’en faire partie. » explique-t-elle.

L’artiste dissémine des pointes d’or sur toute la largeur du tableau à l’aide d’une bande de papier-bulles qu’elle utilise pour emballer ses toiles, en la trempant dans de la peinture or et en l’appliquant sur la toile. Ensuite, elle fait des coulures, brosse et jette même de la peinture sur la toile en couches successives. Cette technique permet de voiler quelque peu les points de peinture et Béatrice Casadesus, par un mouvement de rotation, fait glisser la couleur en surface jusqu’à obtenir l’effet désiré. Pour voir plus d’images de son travail, veuillez cliquer ici.

Si l’œuvre de Béatrice Casadesus est relativement nouvelle pour le public britannique, l’artiste s’est forgée une solide réputation au cours de ces trente dernières années et est reconnue en France. Ses tableaux ont été largement exposés, tout dernièrement au Musée barrois et en 2014, à l’Espace Saint-Louis à Bar le Duc ainsi qu’au musée de Brou à Bourg-en-Bresse. Une exposition de son œuvre aura lieu en décembre 2017 au Palais du Roi de Rome à Rambouillet. Béatrice Casadesus s’intéresse également beaucoup au tissage et aux textiles (elle a conçu des tissus spéciaux pour des installations récentes et elle a créé une tapisserie pour la Manufacture des Gobelins à Paris). Ses œuvres font partie de grandes collections comme celle du Centre Georges Pompidou, de la Bibliothèque nationale et de nombreux musées régionaux français, ainsi que des collections privées en France, à Tokyo, à Hong Kong, à Londres, à Bruxelles et à New York.