Jean Pierre Raynaud: L'Enfance comme Arme

9 Juin - 24 Juillet 2022
Vues de l'exposition
Communiqué de presse

La galerie Dutko a le plaisir de présenter du 9 juin au 24 juillet prochain ‘L’Enfance comme Arme’, une exposition de l’artiste français Jean Pierre Raynaud. Pour son premier solo show avec la galerie, un ensemble de seize ‘DRAPEAU+CANARD’ sera réuni dans le nouvel espace de la galerie, DUTKO / Quai Voltaire.

 

En 1998, Jean Pierre Raynaud débute l’élaboration des premiers ‘DRAPEAU SUR CHÂSSIS‘. Les toiles ‘officielles’ deviennent compositions abstraites de couleurs en aplat, réminiscences du Hard Edge ou Color Field Painting. Le symbolisme identitaire du drapeau est ainsi perturbé par l’impact visuel de l’œuvre d’art. 

 

En 2006, naissent les ‘DRAPEAU+CANARD’’, présentés à l’occasion de cette exposition. Il fait intervenir dans leur compostions des objets issus du répertoire visuel de l’enfance. En l’occurrence des canards en plastique, tous identiques dont seul varie les couleurs vives, jaune, bleu, vert, rouge et rose. Raynaud dispose ces objets de façon aléatoire, toujours en groupe, sur la surface des drapeaux, donnant naissance à des objets hybrides. 

 

Assemblage de stéréotypes, superposition de sens, Raynaud semble éclabousser la solennité du politique avec des morceaux d’enfances. Quand les premiers drapeaux venaient s’affirmer plastiquement – et par là même transcender leur dimension première -, les ‘DRAPEAU+CANARD’ convoquent en sus le champ symbolique de l’enfance. 

 

C’est l’audace de l’enfance, l’innocence de son regard qui s’immisce alors dans la perception de l’être des choses. Et convoquer l’enfance pour exprimer le monde, c’est dévoiler ses manques. Raynaud joue avec les jugements de valeur. Symbolisme politique et impression picturale se confrontent. On s’interroge. Raynaud met à nu la force de nos présupposés. Il nous pousse à regarder autrement les choses et les monde, à questionner nos mécanismes analytiques. 

 

En 1965, à l’occasion d’une exposition à la galerie Jean Larcade ou les ‘psycho-objets’ de Jean Pierre Raynaud sont exposés pour la première fois, Alain Jouffroy déclarait : "Rien, ici, n’est exprimé, mais tout est montré avec tant de clarté que le regardeur peut circuler, se poser, s’immobiliser à l’intérieur d’un laboratoire mental ".