Peintre, graveur et créateur d’installations, Matsutani a toujours recherché à faire évoluer son art.Formé à la peinture Nihonga, traditionnellement composée de matériaux japonais, que ce soit par la technique ou les supports, Matsutani s'éloigne de celle-ci au fur et à mesure que son travail devient plus abstrait. Il commence à expérimenter avec la matière au début des années 1960. La colle vinylique devient son matériau privilégié, étalée sur de la toile de coton (choisie en raison de son faible coût), et éventuellement mêlée à une huile utilisée dans les travaux de bâtiment.

 

Matsutani couvre ses toiles de formes circulaires, de bulles de colle (dont certaines éclatent), qu'il crée en insufflant de l'air à l'intérieur de la matière à l'aide d'une paille et qu'il fait ensuite sécher. Il recouvre patiemment ses surfaces de minutieux coups de crayon graphite obliques ou entrecroisés, l'artiste s’interroge sur l’espace et le temps, l’immobilité et le mouvement, sans se détourner de préoccupations plus formelles.

 

Matsutani puise une partie de son inspiration dans les formes organiques présentes dans des échantillons de sang observés au microscope dans le laboratoire d'un ami. Une grande sensualité, un érotisme latent s'exprime également dans ces oeuvres. Takesada Matsutani est né à Osaka en 1937. Au début des années 60, Matsutani fut un des membres de la Seconde génération de l’association d’art Gutai de 1954 à 1972. C’est en 1966 que Matsutani s’installa à Paris et commença à travailler avec William Hayter dans son studio. C’est en 1984 que Matsutani créa l’une de ses plus grandes compositions de 10 mètres de large que l’artiste couvrit de graphite, laissant juste une ligne blanche au milieu de la feuille gigantesque.